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Les enjeux des élections européennes du 26 mai 2019

 

Le 26 mai 2019 auront lieu les élections européennes. Elles renouvelleront le Parlement européen, qui depuis sa création a vu croitre ses pouvoirs et ses compétences  à l’échelle de l’Union Européenne. Au delà de l’affrontement des partis politiques, le scrutin de mai prochain présente donc des enjeux importants. 

 

Peu couverts médiatiquement, le travail et le rôle des eurodéputés restent relativement anonymes. Ces derniers influencent pourtant réellement le quotidien des cinq cents millions de citoyens européens qu’ils représentent.

Des enjeux démocratiques :

Les enjeux des élections sont avant tout démocratiques. Depuis 1979 et l’instauration du suffrage universel direct, le Parlement est devenu l’institution européenne la plus représentative des citoyens européens. Les eurodéputés sont élus par un scrutin proportionnel à tour unique. Ainsi, dépassés 5% des voix, chaque liste dispose d’un nombre de siège proportionnel au nombre de votes que les citoyens lui ont accordé. Ce système garantit une représentation assez fidèle des attentes et orientations politiques de la population européenne dans l’hémicycle du Parlement.

 

 

Mais cette garantie est normalement corrélée à une participation électorale importante. Or celle-ci est en baisse à chaque élection européenne depuis 1979. Et moins la mobilisation des électeurs est importante, moins le Parlement européen à d’autorité face aux autres institutions européennes (Commission et Conseil européens). Comme en France (entre l’Assemblée nationale, le Gouvernement ou le Sénat) on observe régulièrement des oppositions, des petites marques de concurrences entre les trois institutions européennes, qui composent pourtant ensemble les règlementations.

L’atout du Parlement européen dans ces oppositions, c’est le vote des citoyens européens : il s’agit de la seule institution directement élue. En cela, la Commission européenne ne peut pas à tout prix imposer ses directives si les députés européens s’y opposent. En d’autres termes, plus la participation électorale sera importante, plus le Parlement aura d’autorité et sera en mesure d’influencer les politiques communautaires au nom des citoyens européens.

Des enjeux politiques :

Comme toutes élections, celles du 26 mai auront des conséquences éminemment politiques. Au Parlement européen, aucun groupe parlementaire n’est majoritaire. Impossible donc pour un seul groupe de faire adopter une réglementation, comme c’est le cas à l’Assemblée nationale. Historiquement, les groupes PPE (Droite conservatrice européenne) et S&D (Socialistes européens), qui disposent ensemble d’une majorité, établissent des compromis pour modifier les propositions de règlements ou directives (lois européennes). Cependant, le groupe PPE est numériquement plus important, c’est donc lui qui influence plus grandement les orientations au sein de cette « entente ». Cela explique en partie l’orientation relativement constante des règlementations européennes.

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Mais les élections de cette année pourraient venir bouleverser cette logique. Le scrutin du 26 mai prochain devrait voir arriver de nouveaux députés européens dans l’hémicycle. Il devrait ainsi réorganiser les rapports de force entre les groupes parlementaires. Plus clairement, le PPE (Droite conservatrice européenne) et le groupe S&D (Socialistes européens) pourraient ne plus disposer de la majorité à eux deux et donc devoir composer avec d’autres groupes. Les élections de cette année auront donc une influence, peut être plus importante que d’habitude, sur l’orientation politique de l’UE ; en fonction des résultats du scrutin.

Des enjeux sectoriels :

Cette orientation politique agit très largement sur des domaines spécifiques de notre quotidien. Les élections européennes ne sont pas des élections secondaires ou inutiles. Le travail des députés européens est important et vient compléter celui des députés nationaux. Effectivement, dans de nombreux domaines, l’UE dispose de compétences que les États n’ont pas.

En matière environnementale ou sanitaire, l’UE établit des règlementations, renouvelle ou interdit de substances que les députés français ne peuvent pas réglementer. En matière de concurrence économique, l’Europe, qui a une vision plus internationale, dispose de compétences très larges, indispensables à la coopération de nos entreprises européennes. Et pour que ces politiques soient en phase avec l’intérêt des citoyens européens, les institutions européennes reconnaissent unanimement que la participation aux élections européenne doit être la plus large. Que les députés européens représentent un maximum l’ensemble des citoyens du Vieux Continent.

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