La programmation pluriannuelle de la stratégie française pour l’énergie et le climat

 

Le Gouvernement a doté la France de l’objectif ambitieux d’atteindre la neutralité carbone en 2050, entendue comme l’atteinte de l’équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre et les absorptions anthropiques (forêt, prairies, sols agricoles, zones humides…) à l’échelle territoriale. Pour cela, il est nécessaire que le système énergétique évolue afin que les énergies consommées sur le territoire français n’émettent plus de gaz à effet de serre.

La programmation pluriannuelle de la stratégie française pour l’énergie et le climat présenté par François de RUGY, ministre de la Transition écologique et solidaire, le 27 novembre 2018, est un défi que doit relever l’ensemble des forces de notre pays, citoyens, entreprises, élus, associations, ….

Je vous en présente ici uniquement les 1ères mesures, également les orientations principales de cette stratégie. Vous trouverez en fin d’article le lien pour avoir le texte complet (PDF de 33 pages).

La vie des Français demain

La stratégie française pour le climat et l’énergie comporte une étude d’impact économique et social qui démontre les bénéfices de sa mise en œuvre pour l’économie française par rapport à un scénario tendanciel sans changement de stratégie.

 

Pour le citoyen, la stratégie française pour le climat et l’énergie en 2023 ce sera :

 2,5 millions de logements rénovés (rénovations performantes ou très performantes) ;

10 000 chauffages charbon et 1 million de chaudières fioul remplacés

9,5 millions de logements chauffés au bois avec un appareil efficace ;

3,4 millions d’équivalents logements raccordés à un réseau chaleur ;

1,2 million de voitures particulières électriques en circulation et 100 000 points de recharge publics ;

1 million de Français bénéficient d’une aide pour changer de véhicule ;

Toutes les centrales électriques à charbon arrêtées ;

2 réacteurs nucléaires arrêtés (Fessenheim) ;

65 000 à 100 000 sites photovoltaïques en autoconsommation ;

Réduction des émissions de gaz à effet de serre de 15% entre 2015 et 2023.

 

Les 20 orientations de la Stratégie française pour l’énergie et le climat

Production d’énergie

Fermeture des dernières centrales à charbon d’ici 2022 et aucune autorisation ne sera accordée à des nouveaux projets de centrales électriques utilisant des combustibles fossiles.

Doublement des capacités installées en termes d’énergie renouvelable électrique d’ici 2028 avec le lancement d’une dizaine d’appels d’offres chaque année.

Le Gouvernement se fixe l’objectif d’atteindre une part du nucléaire au sein du mix électrique de 50% à l’horizon 2035. L’atteinte de cet objectif impliquera la fermeture de 14 réacteurs nucléaires d’ici 2035, avec la fermeture des deux réacteurs de Fessenheim au printemps 2020 et de 4 à 6 réacteurs supplémentaires d’ici 2030.

Poursuivre l’instruction des différentes options qui permettront de garantir la sécurité d’approvisionnement sur le long terme et notamment l’option de construire de nouveaux réacteurs nucléaires.

Augmenter de 40% à 59% la production de chaleur renouvelable et porter à 10% la part de gaz renouvelable dans la consommation de gaz sous l’hypothèse d’une forte baisse des coûts.

 

Bâtiments

Améliorer drastiquement l’efficacité des moyens de chauffage et réduire leurs consommations et émissions, avec un objectif de remplacement d’un million de chaudières au fioul d’ici 2023.

Rénover de manière efficace 500 000 logements par an dont la moitié occupés par des ménages modestes, avec la poursuite du Crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE), étendu aux propriétaires bailleurs et, pour les ménages modestes, transformé en prime versée par l’ANAH.

 

Transports

Décarboner l’énergie consommée par les véhicules et adapter les infrastructures pour arriver en 2040 à 100 % de ventes de véhicules particuliers zéro émission.

Améliorer la performance énergétique des véhicules avec un objectif ambitieux de 4L/100km en 2030 pour les véhicules particuliers thermiques neufs.

Porter la prime à la conversion à 1 million de bénéficiaires d’ici la fin du quinquennat afin de remplacer les véhicules par des véhicules moins émetteurs et soutenir le déploiement des véhicules électriques afin d’atteindre un parc de 4,8 millions de véhicules électriques en circulation en 2028.

 

Agriculture

Réduire les émissions du secteur agricole en développant l’agro-écologie, l’agroforesterie et l’agriculture de précision et augmenter le stockage de carbone des sols via des changements de pratiques et une diminution de l’artificialisation des sols.

Développer la bioéconomie pour fournir énergie et matériaux moins émetteurs de gaz à effet de serre à l’économie française.

Faire évoluer la demande alimentaire vers des produits de meilleure qualité et développer de l’agriculture biologique, en respectant les nouvelles préconisations nutritionnelles et réduire le gaspillage alimentaire.

 

Industrie

Aider les entreprises à sortir du charbon et du fioul et les remplacer par des énergies renouvelables en sécurisant une trajectoire de fonds chaleur permettant d’atteindre l’objectif de 38% de chaleur renouvelable.

Intensifier la recherche et le développement de technologies pour réduire les émissions résiduelles, de procédés de fabrication bas-carbone et généraliser l’éco-conception des produits.

Donner un cadre incitant à l’économie circulaire et à la maîtrise de la demande en énergie et en matières, en privilégiant les énergies décarbonées.

 

Déchets

Promouvoir auprès des consommateurs l’économie circulaire et renforcer les filières de seconde main et de réparation.

Réduire la quantité de déchets en prévenant les déchets à la source chez les producteurs et en promouvant l’économie circulaire et la réutilisation des produits et améliorer la collecte et la gestion des déchets en développant la valorisation (matière puis énergie) et augmenter l’efficacité des filières de traitement.

 

Forêt et puits carbone

Conserver et renforcer les puits et les stocks de carbone dans la filière forêt-bois en la gérant de manière active et durable, avec une adaptation de la forêt au changement climatique.

Maximiser les effets de substitution et le stockage de carbone dans les produits bois, grâce à une mobilisation accrue du bois, une orientation vers des usages à longue durée de vie.

 

Pour en savoir plus, lisez le dossier du Ministère de la Transition écologique et solidaire en cliquant ci-dessous :