Ces dernières semaines, les lycéens ont manifesté dans tout le pays. Des parents, des enseignants, des étudiants se sont joints à eux. Je souhaite revenir sur les revendications de nos jeunes et leur répondre.
Manifester oui, mais pas dans la violence
Notre pays traverse encore une période de tensions. Je souhaite revenir d’abord sur les débordements qui ont mis à mal l’ordre public.
La grande majorité des manifestations se sont déroulées dans le calme. Le droit de manifester est une liberté fondamentale, et je la défends.
Ensuite, il ne faut pas tout mélanger. Des casseurs ont voulu imposer leur violence. Eux seuls sont responsables de ce qui s’est passé. Les confondre avec des lycéens inquiets pour leur avenir serait injuste pour ces jeunes.
En revanche, à ceux qui accusent l’État, je réponds : inverser les responsabilités, c’est excuser la violence. Ceux qui pillent, cassent et s’en prennent aux forces de l’ordre doivent être condamnés fermement. Nos CRS et nos gendarmes ont fait face avec courage et professionnalisme. J’ai une pensée pour ceux qui ont été blessés, et je les remercie.
Avec Horizons, je défends l’autorité de l’État : les auteurs de violences doivent être identifiés et sanctionnés.
Une jeunesse inquiète pour son avenir
Beaucoup de lycéens ont peur de l’avenir. Ils ont connu le confinement, entendent parler de guerre presque tous les jours. Ils grandissent avec le changement climatique. Dans ce contexte, il est normal d’être angoissé.
Parcoursup, la plateforme qui sert à candidater dans l’enseignement supérieur, est au centre de la colère. Mais croire que tout vient de là, c’est se tromper. En effet, leur inquiétude est plus large : c’est celle de leur avenir. Et il faut l’entendre.
Parcoursup : ce qu’il faut garder, ce qu’il faut changer
Parcoursup n’est pas parfait. Il est stressant, et trop peu clair pour beaucoup de familles. Nous soutenons donc les changements demandés par les lycéens et annoncés par le gouvernement : des critères de sélection publics, et des refus expliqués.
En revanche, changer le nom de la plateforme ne suffira pas. Les vrais problèmes sont ailleurs : un accompagnement insuffisant des jeunes pour choisir leur voie, et un enseignement supérieur qui accueille beaucoup d’étudiants sans toujours les préparer à réussir. Ouvrir toutes les portes sans orienter, c’est organiser l’échec.
Leur dire qu’ils ont le droit de se tromper
Je veux dire aux lycéens qu’un choix fait à 17 ans n’est pas définitif. Ils ont le droit de changer de voie.
Grâce à la réforme de l’apprentissage, on peut se former en alternance et apprentissage jusqu’à l’âge de 30 ans. L’alternance n’est pas une voie de second choix : on y apprend un métier, on touche un salaire et on peut aller jusqu’aux études les plus longues.
Il faut aussi leur faire confiance. Notre richesse, c’est notre jeunesse.
Une question nationale, mais des réalités locales
L’orientation est un sujet national : les règles et les moyens se décident au niveau de l’État. Mais elle se vit différemment selon les territoires, et la fracture entre eux est réelle.
Dans notre circonscription, les choses se passent plutôt bien. Nos trois lycées généraux, nos deux lycées professionnels et notre lycée privé ont été rénovés, et il n’y a pas eu de grande manifestation. Les élus locaux et les entreprises se sont beaucoup mobilisés : portes ouvertes dans chaque lycée, salon de l’industrie, rencontres avec les professionnels, etc.
En revanche, je sais que ce n’est pas le cas dans certaines métropoles. Une réforme doit donc fixer des règles communes pour garantir l’égalité des chances, et laisser de la liberté aux établissements, aux élus et aux entreprises pour s’adapter à leur territoire.
Agir plus tôt, dès l’école primaire
Le choix des matières en classe de seconde et de première, qui découle de la réforme du bac, pèse ensuite sur les vœux post-bac. Il faut donc les accompagner bien plus tôt. Tout se joue à l’école primaire et à la maternelle, là où l’on apprend à lire, à compter et à avoir confiance en soi. C’est là que nous devons investir en priorité.
Ce que nous proposons avec le groupe Horizons
Avec le groupe des députés Horizons et Indépendants, nous défendons trois réformes :
- Un étudiant référent pour chaque collégien et lycéen. Un jeune plus âgé, qui est passé par là, répond aux questions et accompagne.
- Un seul responsable de l’orientation. Aujourd’hui, l’État et les régions se partagent le sujet. Nous voulons un service public unique, avec des conseillers qui connaissent aussi le monde de l’entreprise.
- Un enseignement supérieur plus utile. Plus de stages, une réorientation possible dès la première année, et la fermeture des formations qui n’offrent ni réussite ni emploi.
Nous demandons aussi que chaque dépense annoncée soit financée pour ne pas laisser la facture aux futures générations.
Vous pouvez retrouver mon intervention dans l’émission Dimanche en Politique du 1er novembre 👉 https://france3-regions.franceinfo.fr/grand-est/programmes/france-3_grand-est_dimanche-en-politique-alsace
