Le directeur académique des services de l’Éducation nationale (DASEN) a rendu sa décision officielle concernant l’avenir des classes pour la rentrée 2026. Si a Rohrwiller et a Morschwiller, où les inquiétudes étaient fortes, les annonces sont finalement positives, je tiens à rappeler que pour d’autres écoles, l’issue n’a pas été aussi favorable. Cela s’explique pour plusieurs raisons que le DASEN a énoncées dans les différentes réunions et courriers partagés avec les maires de notre circonscription.

Ce mardi 23 juin, suite à la réunion du Conseil départemental de l’éducation nationale (CDEN), la décision du directeur académique des services publics de l’éducation nationale de Strasbourg (DASEN) concernant l’avenir des classes de notre région a été rendue publique. Pour rappel, un décret d’août dernier a introduit un délai de 8 jours entre le CDEN et le rendez-vous carte scolaire, afin de permettre l’avis du Préfet, c’est donc à compter du 13 avril que les maires pouvaient officiellement être informés des ouvertures et fermetures de classes.

Ainsi, les classes menacées de Rohrwiller et de Morschwiller sont officiellement maintenues. Ce résultat est le fruit d’un travail collectif mené par les élus, les parents d’élèves et les enseignants qui se sont mobilisés pour l’avenir de leurs enfants.

Une grande mobilisation et des échanges constructifs

Pour soutenir cette mobilisation, j’avais saisi, en début de mois, le directeur académique et réuni l’ensemble des maires concernés afin de faire valoir les besoins de chaque municipalité. Par cet échange, nous avons pu répondre aux différentes interrogations et inquiétudes des élus. Le DASEN a rappelé que les décisions ne reposent pas uniquement sur les effectifs, mais aussi sur l’équilibrage et les dynamiques territoriales. Pour les situations à la marge, une prise de contact directe avec le Directeur académique a été encouragée. Un travail d’ajustement a été conduit jusqu’à ce mois de juin, en lien avec les inspecteurs académiques et les communautés de communes.

Je tiens à remercier les services de l’Éducation nationale pour la qualité des échanges et l’attention portée aux différents dossiers.

Des réalités à prendre en compte

Il est maintenant nécessaire d’avoir une vision à long terme. Les décisions de fermeture de classe s’inscrivent dans un contexte national de baisse démographique : le rectorat anticipe, dans le Bas-Rhin, une diminution de 18 % des effectifs du premier degré d’ici 2035, soit près de 16 900 élèves en moins. À la prochaine rentrée, ce sont déjà 1 800 élèves de moins qui sont attendus dans le département. À cela s’ajoutent des contraintes budgétaires nationales puisque 4 000 emplois ont été supprimés au niveau ministériel, dont 27 ETP absorbés dans la carte scolaire du Bas-Rhin. Il existe ainsi un manque d’effectifs enseignants. De plus, les échéances liées aux élections municipales, qui ont d’ailleurs retardé exceptionnellement le calendrier de la carte scolaire cette année a impacté sur les annonces du DASEN.

La baisse démographique frappe de manière inégale le territoire : le milieu rural est davantage touché, et le département est caractérisé par un réseau scolaire très morcelé, avec de nombreux regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI) et unités isolées, particulièrement fragiles dans ce contexte. La restructuration des réseaux d’écoles est engagée depuis dix ans dans le Bas-Rhin et devrait durer encore au moins six ans. Des fermetures de classes encore plus nombreuses sont attendues dans les prochaines années afin de répondre aux objectifs du texte budgétaire de 2026.

Un autre risque a été clairement identifié par le DASEN : certains maires reconnaissent la pertinence des fermetures au regard de la démographie actuelle, mais prévoient parallèlement des programmes immobiliers dans deux à trois ans. Or, le DASEN ne pourra pas garantir la réouverture de classes dans ces cas. C’est pourquoi une demande a été adressée au Préfet pour que le DASEN soit davantage associé en amont des demandes de subventions, afin de construire là où se trouvent réellement les enfants.

En tant que député, je resterai aux côtés des élus et continuerai de mettre en place un échange constructif entre les parties prenantes. C’est un travail qui doit s’effectuer à long terme de manière apaisée pour donner un avenir serein à l’éducation de nos enfants.

Une initiative législative indispensable

Depuis 2017, je défends, avec mon groupe, l’accès à une éducation de qualité pour tous. Une proposition de loi portée par les députés Horizons & Indépendants a été adoptée à l’Assemblée nationale en avril dernier. Elle vise à mieux encadrer les regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI) et à garantir l’égalité d’accès à l’école en milieu rural, avec notamment :

  • Une reconnaissance légale des RPI dans le code de l’éducation
  • Une meilleure équité financière entre les communes

Elle attend désormais son inscription à l’ordre du jour au Sénat, où la question de l’avenir des RPI a également été soulevée lors des débats récents.