La troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) pour 2026-2035 fixe la trajectoire énergétique de la France pour la prochaine décennie.

Créée par la loi du 17 août 2015 sur la transition énergétique, la PPE est l’outil qui guide la politique énergétique de la France. Fixée par décret, elle définit les priorités d’action de l’État sur 10 ans, découpées en deux périodes de 5 ans. Elle est mise à jour tous les 5 ans.

La PPE 3 pour la période 2026-2035 vise à répondre à un triple défi : sortir des énergies fossiles, renforcer notre souveraineté et garantir une énergie compétitive.

Contexte

Le Gouvernement français a publié le décret de la PPE 3 vendredi 13 février 2026 après d’ultimes ajustements visant à prendre en compte plusieurs évolutions récentes.

La première PPE de métropole continentale a été approuvée en 2016. La seconde PPE, établie pour les périodes 2019-2023 et 2024-2028, a été définitivement adoptée en 2020. Elle est aujourd’hui encore en vigueur et devait initialement être révisée au plus tard en 2025.

Les ajustements de la PPE 3 tiennent notamment compte de :

  • La publication du bilan prévisionnel 2035 de RTE (Réseau de transport d’électricité), qui montre que la France est entrée dans une période de surcapacité de production électrique, liée à la stagnation de la consommation à court terme et à l’accélération de la production d’électricité bas-carbone.

  • L’examen de la proposition de loi portant programmation nationale et simplification normative dans le secteur économique de l’énergie, dite « PPL Gremillet », qui a permis de débattre des objectifs énergétiques nationaux.

  • L’examen de la proposition de loi visant à relancer les investissements dans le secteur de l’hydroélectricité pour contribuer à la transition énergétique, dont l’adoption devrait permettre d’accélérer les investissements dans les barrages français.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté le contenu de la PPE 3 le jeudi 12 février.

Des objectifs chiffrés pour transformer le mix énergétique

La PPE 3 repose sur deux grandes orientations :

  • Augmenter fortement la production d’énergie décarbonée, avec un objectif d’environ 60 % d’énergie décarbonée dès 2030 (contre 40 % en 2023).

  • Réduire la part des énergies fossiles, pour atteindre environ 40 % de la consommation finale en 2030 (contre 60 % aujourd’hui).

Ces objectifs traduisent une accélération nette de la transition énergétique française.

Un mix fondé sur le nucléaire et les renouvelables

La stratégie confirme un choix clair : s’appuyer sur toutes les sources d’énergie bas-carbone.

 Côté nucléaire :

  • Construction de 6 réacteurs EPR2.

  • Prolongation et optimisation du parc existant (57 réacteurs) avec une production visée entre 380 et 420 TWh dès 2030.

Côté énergies renouvelables :

  • Éolien en mer : 15 GW installés en 2035 avec une forte accélération des appels d’offres.

  • Éolien terrestre : 35 à 40 GW en 2035, en privilégiant la modernisation des parcs existants.

  • Solaire : jusqu’à 55 à 80 GW en 2035, soit environ un triplement des capacités.

  • Hydroélectricité : +2,8 GW, notamment via le développement des stations de pompage (STEP).

Cette complémentarité vise à garantir une électricité abondante, décarbonée et pilotable.

Développer les nouvelles énergies et la chaleur renouvelable

La PPE 3 ne se limite pas à l’électricité. Elle prévoit aussi de développer :

  • L’hydrogène bas-carbone : 8 GW d’électrolyseurs en 2035.

  • La biométhane : production multipliée par six d’ici 2035.

  • Les biocarburants : volumes doublés sur la période.

  • La chaleur renouvelable : production multipliée par deux d’ici 2035.

Ces filières permettront de décarboner des secteurs où l’électrification directe est plus difficile.

L’électrification des usages : un levier majeur

Un grand plan d’électrification doit accompagner la PPE dès 2026, autour de quatre secteurs clés : l’industrie et l’artisanat, le bâtiment, les transports, le numérique.

L’objectif est clair : remplacer progressivement les énergies fossiles importées par une électricité bas-carbone produite en France.

Une trajectoire adaptable

Pour la première fois, la programmation prévoit une clause de revoyure en 2027, afin d’ajuster les objectifs en fonction de la consommation réelle et de l’évolution des technologies.

Cette approche doit permettre de sécuriser la transition tout en gardant de la flexibilité.

Une vision : souveraineté, climat et pouvoir d’achat

Au-delà des chiffres, la PPE 3 poursuit des objectifs clairs :

✔️ réduire notre dépendance énergétique
✔️ sécuriser l’approvisionnement
✔️ soutenir l’industrie et l’emploi
✔️ accélérer la lutte contre le dérèglement climatique

En donnant de la visibilité aux acteurs économiques et aux territoires, elle constitue une boussole pour les investissements énergétiques de la prochaine décennie.