« Concourir à la défense et à la cohésion de la nation est le rôle des citoyens. » Ce n’est pas une formule de circonstance. C’est le premier article du code du service national. C’est surtout une exigence démocratique.
En élisant le président de la République, les citoyens élisent celui qui décide de l’emploi de nos forces armées. En élisant la représentation nationale, ils désignent ceux qui contrôlent l’action du gouvernement en matière de défense. Comprendre la défense, c’est donc comprendre une part de la démocratie elle-même.
Un déficit qui n’est plus tenable
Depuis la suspension du service national en 1997, une part croissante de notre jeunesse méconnaît les principes, les acteurs et les défis liés à la défense nationale. L’enseignement de défense existe, mais dans les faits, il se résume à deux ou trois heures annuelles, diluées dans l’enseignement moral et civique. Les dispositifs complémentaires comme les classes de défense, les brevets d’initiation, ou encore les cadets de la défense sont remarquables, mais ils ne touchent qu’une fraction des jeunes concernés.
Dans un contexte géopolitique marqué par l’intensification des menaces, ce déficit de culture stratégique n’est plus acceptable.
Ce que propose ce texte
La proposition de loi déposée par mon collègue Christophe Blanchet apporte une réponse structurée et ambitieuse : inscrire dans le code de l’éducation un enseignement obligatoire à la défense nationale pour tous les élèves du second degré, à raison d’un module annuel de 35 heures.
Il ne s’agit en rien de militariser l’école, il s’agit d’équiper nos élèves de clés leur permettant de comprendre le rôle des armées et des forces de sécurité, les enjeux de cybersécurité, de protection des infrastructures critiques, de sécurité énergétique et de gestion civile des crises. Il s’agit d’en faire des citoyens éclairés, capables de saisir les défis contemporains qui pèsent la sécurité de notre pays.
Le texte ne créé pas non plus de dépenses nouvelles. Il s’appuie sur des ressources qui existent déjà : les réservistes citoyens et opérationnels, les classes de défense et de sécurité globale, les partenariats entre l’Éducation nationale et le ministère des Armées. La commission a par ailleurs étendu le dispositif aux établissements privés sous contrat et aux territoires de Wallis-et-Futuna, de Polynésie française et de Nouvelle-Calédonie.
Un levier pour le lien armées-nation
Au-delà de la dimension pédagogique, ce texte constitue un levier pour renforcer le lien entre les armées et la nation. En associant des réservistes à l’enseignement, il permet de démystifier l’institution militaire et de montrer son ancrage dans notre société civile et dans nos territoires. Il contribue à bâtir une culture commune de la résilience, indispensable pour faire face aux crises à venir.
La position du groupe Horizons
Le groupe Horizons & Indépendants soutient ce texte, mais avec une vigilance claire : ce nouvel enseignement ne doit pas simplement se superposer aux dispositifs existants. Il doit les enrichir de manière cohérente et complémentaire. L’objectif n’est pas d’alourdir le temps scolaire, mais de donner une visibilité et une profondeur nouvelles à des thèmes trop souvent abordés de manière fragmentaire. Le renvoi à un arrêté interministériel pour clarifier les contenus et les modalités offre précisément l’opportunité de structurer durablement cet enseignement.
Dans un monde où les menaces ne s’arrêtent plus aux frontières et prennent des formes hybrides, la résilience d’une nation repose d’abord sur la conscience de ses citoyens : un peuple qui ne connaît pas les fondements de sa défense ne mesure pas pleinement le prix de sa liberté.
Pour toutes ces raisons, nous avons voté en faveur de cette proposition de loi.