Le 4 décembre est un temps de recueillement et d’hommage pour les sapeurs-pompiers, la fête de la « Sainte Barbe ». C’est, avec la journée nationale des sapeurs-pompiers en juin et la journée internationale des sapeurs-pompiers observée le 4 mai, un moment privilégié pour réaffirmer la cohésion et rendre hommage à l’action des sapeurs-pompiers et aux disparus.

 

Quelques chiffres et enjeux clés

Les sapeurs-pompiers de France ont réalisé près de 4 771 900 interventions en 2023, soit 1 intervention toutes les 6,6 secondes.

Les services de secours aux personnes représentent 86 % des interventions des centres d’incendies et de secours. Il prend en compte le secours à victime ainsi que les accidents de la circulation. Il regroupe tous types d’interventions : personnes malades, blessées, intoxiquées, noyées…

Les sapeurs-pompiers sont amenés à intervenir pour maîtriser la projection non voulue de déchets industriels. La Cellule mobile d’intervention chimique et radiologique (CMIC-CMIR) est constituée de sapeurs-pompiers spécialement formés pour ce type d’opération, intervient lors d’incendies industriels, de pollution, d’accident chimique ou encore d’accident mettant en cause des produits radioactifs.

Les incendies représentent 6% des interventions des pompiers soit près de 277 100 interventions annuelles. Les feux d’habitation représentent la plus grand part, suivis de près par les feux sur voie publique, puis par les feux de véhicules et les feux de végétation. Le dérèglement climatique a pour effet de multiplier les incendies. A l’été 2025, 20 000 hectares de forêts ont été dévastés en France. L’ensemble des pays européens font face à cette augmentation des fortes chaleurs et incendies. La France est le premier contributeur au mécanisme de protection civile de l’Union européenne, et les pompiers français sont souvent mobilisés pour venir en aide à nos partenaires.

Les sapeurs-pompiers font face à la fois à une augmentation des sollicitations opérationnelles, et à une stagnation de l’engagement volontaire, et ce alors que les sapeurs-pompiers volontaires (SPV) constituent 78% des effectifs des sapeurs-pompiers. Les SPV sont le socle du modèle de secours et de gestion des crises.

Consolider et moderniser notre sécurité civile

La loi du 25 novembre 2021 a porté deux grandes ambitions : renforcer notre modèle de sécurité civile et accorder aux sapeurs-pompiers professionnels et volontaires, toute la reconnaissance et le crédit qu’ils méritent.

Consolider notre modèle de sécurité civile

  • Clarification des missions des services d’incendie et de secours en introduisant la notion de secours et soins d’urgence. Les possibilités d’actions des sapeurs-pompiers sont par conséquent renforcées au bénéfice des victimes ;
  • Une définition de la carence ambulancière (missions non urgentes qu’attribue le Samu aux pompiers) et un régime l’organisant sont créés afin d’obtenir une meilleure répartition des flux et de la charge des interventions d’urgence, tout en respectant la compétence des médecins régulateurs. Ces missions non urgentes peuvent désormais être différées voire refusées en fonction de la tension opérationnelle du service d’incendie et de secours ;
  • L’anticipation de la gestion des crises est facilitée par la mise en place obligatoire de plans communaux de sauvegarde et la désignation de correspondants « incendies et secours» dans les conseils municipaux.

Moderniser nos services d’incendie et de secours

  • La parité sera désormais respectée dans les conseils d’administration des services d’incendie et de secours. Un référent mixité et lutte contre les discriminations sera également nommé dans chaque département.

Conforter l’engagement et le volontariat

  • Création du statut de pupille de la République afin d’aller plus loin dans la reconnaissance de l’État pour les sapeurs-pompiers en marins-pompiers décédés dans l’accomplissement de leurs fonctions dans des circonstances exceptionnelles (création de la mention « Mort pour la République ». Les enfants de ces personnels bénéficieront d’un soutien de l’Etat jusqu’à leurs
    21 ans.
  • Le seuil d’éligibilité de la nouvelle prestation de fidélisation de reconnaissance (NPFR) est abaissé à 15 ans de service, et non plus 20 ans, ainsi qu’à 10 ans en cas de blessure sur intervention, contre 15 ans avant ce texte.

Maintenir notre capacité d’intervention en confortant l’engagement

  • Expérimentation d’une plateforme unique d’appels d’urgence à l’échelle d’une zone de défense et de sécurité, pour améliorer la prise en charge des personnes appelantes à travers le renforcement de la coordination entre les services. Seront évalués les temps de réponse, la qualité d’accompagnement des usagers, les prises en charge des victimes, la prise d’un premier appel au titre du dé-bruitage et la bascule vers une plateforme d’envoi des moyens.
  • Création des réserves de sécurité civile dans chaque département servant de force de soutien pour les interventions lors de crises majeures. Dès 16 ans, tout citoyen qui se portera volontaire pourra intégrer les réserves citoyennes des services d’incendie et de secours, de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris et du bataillon des marins pompiers de Marseille.

Protéger les acteurs de la sécurité civile

  • Aggravation des sanctions pour le délit d’outrage commis contre un sapeur-pompier ou un marin-pompier.
  • Possibilité pour l’ensemble des services d’incendie et de secours qui le souhaitent d’équiper leurs effectifs en caméras piétons. Ces caméras, dont l’expérimentation a été un succès, permettent l’enregistrement audiovisuel des interventions lorsqu’un incident de nature à mettre en péril leur intégrité physique se produit ou risque de se produire.

Les principales recommandations du rapport d’information sur les capacités d’anticipation et d’adaptation de notre modèle de protection et de sécurité civiles

Le 3 avril 2024, l’Assemblée nationale a publié un rapport d’information présenté par M. Didier LEMAIRE (HOR), sur les capacités d’anticipation et d’adaptation de notre modèle de protection et de sécurité civiles. Ce rapport comporte plusieurs recommandations visant les acteurs de la sécurité civiles, ainsi que les sapeurs-pompiers professionnels et volontaires :

  • Renforcer la prévention et la sensibilisation, en développant une culture du risque à tous les niveaux (population, élus et entreprises), en créant une structure dédiée pour promouvoir la résilience et en intensifiant les campagnes de sensibilisation notamment dans les écoles en incluant des exercices pratiques.
  • Améliorer la coordination et la gestion des crises, en renforçant la coordination interministérielle, en clarifiant les rôles entre acteurs (Etat, collectivités locales, associations, citoyens) pour éviter les redondances et lacunes, et soutenir les maires et les préfets dans leurs responsabilités pendant les crises.
  • Soutenir les acteurs de terrain, en fidélisant et recrutant davantage de sapeurs-pompiers, professionnels et volontaires, en valorisant les bénévoles et volontaires des associations de sécurité civile tout en facilitant leur mobilisation et en sécurisant leur cadre d’intervention, et en renforçant la formation et améliorant les conditions de travail des agents de la sécurité civile.
  • Adapter les moyens face aux nouveaux défis climatiques, en prévoyant des financements accrus pour moderniser les équipements (notamment pour la lutte contre les feux de forêt et les inondations), et en renforçant les coopérations européennes pour gérer des crises transfrontalières et en développent des nouvelles technologies.
  • Renforcer le maillage territorial, en évitant la fermeture des centres d’incendie et de secours sans consultation des élus locaux et en développant des unités alternatives dans les zones sous-dotées (réserves communales, associations).
  • Simplifier et clarifier le cadre normatif, en révisant et harmonisant les textes législatifs pour faciliter leur application au niveau local et en adaptant mieux les normes aux spécificités des territoires.

La proposition de loi du groupe Horizons & Indépendants visant à valoriser la réserve communale de sécurité civile

L’Assemblée nationale a adopté, en première lecture et dans le cadre de la journée d’initiative parlementaire du groupe Horizons & Indépendants du 3 avril 2025, une proposition de loi portée par Didier Lemaire visant à valoriser la réserve communale de sécurité civile. Celle-ci est désormais en instance devant le Sénat.

La proposition de loi renforce le rôle des réserves communales de sécurité civile en élargissant explicitement leur champ d’intervention à l’ensemble des « menaces de toute nature », au-delà des seuls risques majeurs. Elle assouplit les modalités de conventionnement en permettant la conclusion d’accords entre les communes et des associations agréées de sécurité civile, tout en offrant une meilleure lisibilité grâce à la possibilité de fixer une durée annuelle d’engagement. Le texte ouvre également l’accès à la réserve dès 16 ans, avec autorisation parentale, afin de favoriser l’engagement citoyen des jeunes.

En cas de danger grave et imminent pour la sécurité, la santé publique, l’environnement ou l’approvisionnement en biens essentiels, le délai d’activation est ramené à 48 heures, renforçant ainsi la capacité de réaction des communes. Ce texte crée en outre un dispositif de reconnaissance nationale (récompenses et distinctions) et prévoit une meilleure valorisation des compétences acquises dans les parcours scolaires et universitaires. Enfin, une campagne nationale de communication doit être lancée pour sensibiliser élus et citoyens au rôle et aux modalités d’engagement dans les réserves communales de sécurité civile.

Honorer, protéger, moderniser

Le Beauvau de la sécurité civile de 2025 a permis de dresser un constat clair d’essoufflement du modèle actuel face à des risques plus fréquents, plus complexes et plus intenses (crises climatiques, sanitaires, technologiques et sécuritaires) et appelle à une réforme structurelle d’ampleur. Il souligne l’urgence de moderniser le cadre juridique et opérationnel hérité de la loi de 2004, dite « loi MOSC », de sécuriser le financement des SDIS, de renforcer l’attractivité et la fidélisation des sapeurs-pompiers, notamment volontaires, d’améliorer la coordination entre acteurs (Etat, collectivités, associations agréées), de mieux anticiper et planifier les crises par la montée en compétence, la formation, l’équipement et l’innovation, et de développer la résilience des territoires et de la population, notamment au travers des réserves communales et de la culture du risque.

Dans la continuité de ces travaux, le groupe Horizons & Indépendants a adressé il y a une 10 aine de jours une lettre au Premier ministre afin que ces travaux débouchent désormais sur des décisions concrètes. Nous voulons notamment le lancement rapide d’un projet de « loi MOSC 2 ». Cette réforme doit sécuriser durablement le financement des SDIS, garantir une capacité effective de réponse aux crises sur tout le territoire, et préparer la gestion des crises de demain, plus fréquentes, plus longues et plus complexes (climat, sanitaire, technologique, sécuritaire). Elle devra être co-construite avec les sapeurs-pompiers, les élus locaux et les responsables des SDIS.

Notre groupe agit avec constance sur ces sujets, de la mission d’information sur l’anticipation et l’adaptation du modèle de sécurité civile (plus de 60 recommandations) de M. Didier LEMAIRE, puis l’adoption à l’unanimité d’une proposition de loi valorisant la réserve communale de sécurité civile lors de la niche parlementaire du 3 avril 2025.