La crise en Iran a fait flamber les prix à la pompe. Le Premier ministre a répondu le 21 mai avec un plan d’urgence de 710 millions d’euros. Voici les aides mises en place, pour qui, et à partir de quand.

Les aides par secteur professionnel

Les mesures sectorielles sont prolongées trois mois, juin, juillet, août 2026, pour un coût total de 550 millions d’euros. Chaque profession a ses modalités propres.

Agriculteurs

165 M€ → 15 centimes par litre de remise sur le gazole non routier (GNR) pour les machines agricoles. Un dispositif de compensation sur le surcoût des engrais est également en cours de finalisation par la ministre Annie Genevard, en lien avec les financements européens.

Pêcheurs

24 M€ → 30 à 35 centimes par litre selon le cadre européen applicable. Un des niveaux d’aide les plus élevés, cohérent avec la dépendance structurelle du secteur au carburant.

BTP

21 M€ → 20 centimes par litre, désormais étendu aux entreprises de moins de 50 salariés (contre 20 auparavant). Une avancée concrète pour les PME du bâtiment.

Transporteurs

175 M€ → Reconduction du guichet existant (55 M€/mois) sur juin-août. Extension inédite au transport fluvial (2,5 M€/mois) et aux pirogues de fret en Guyane.

Taxis

Plafond relevé → Aide à l’achat ou la location d’un véhicule électrique dans les conditions du bonus écologique. Plafond d’achat porté à 65 000 € par véhicule (hors options) pour faciliter l’accès aux modèles adaptés à l’usage taxi.

Aides à domicile

3 M€ + 15 000 véhicules → +20 centimes/litre via revalorisation des indemnités kilométriques par voie conventionnelle. Et une aide à la location d’un véhicule électrique d’occasion : loyer cible entre 50 € et 90 €/mois, sans apport, pour 15 000 professionnels ciblés.

Secteur public (FPE & FPH)

4 M€ → Revalorisation temporaire des indemnités kilométriques pour les agents contraints d’utiliser leur véhicule personnel : AESH, professeurs remplaçants, aides-soignantes…

Pour les ménages : l’aide aux « gros rouleurs »

Les 3 millions de Français les plus modestes qui roulent beaucoup pour le travail voient leur aide passer de 50 € à 100 € par mois, prolongée jusqu’à fin août 2026.

Le guichet ouvre le 27 mai 2026. Le versement intervient sous 10 jours après la demande.

Budget alloué : 160 millions d’euros.

Pour les employeurs : la prime carburant libérée

  • Plafond porté à 600 € par salarié (contre 300 € auparavant)
  • Entièrement exonérée de charges sociales et d’impôt
  • Suppression des conditions : plus de justificatif, plus de contrainte sur le lieu de résidence ni sur l’existence d’un transport en commun
  • Cumulable avec d’autres aides ou primes

Coût pour l’État : 150 millions d’euros de moindres recettes.

Le bilan financier global

Ces mesures s’inscrivent dans une logique de réponse immédiate à un choc de prix externe. Elles ne règlent pas la question structurelle de notre dépendance aux énergies fossiles qui est un chantier sur le long terme et sur lequel je continue de travailler, notamment dans le cadre de la transition énergétique que nous défendons collectivement.